dimanche, janvier 01, 2006

06- L'Amer Jasmin de Fès: 09 décembre

Lundi 9 décembre.
« Ça va peut-être bouger bientôt » me dit l’animatrice du FJT. Katia
n’est pas venue en formation. En fin de journée je réponds au message
qu’elle m’a adressé hier : « Chère Katia, tes messages aujourd’hui sont
comme le soleil froid de l’hiver, car tu es triste. Demain ou après demain
ils seront beaux et chauds comme le soleil d’été. L’hiver ne dure pas. Le
soleil succède toujours à l’hiver. Tu es le soleil ! J’ai reçu d’Oran
spécialement pour toi Habsine le dernier CD de Bilal. Je t’embrasse, R. »
Je lui ai menti mais mon mensonge ne contrarie pas mes sincères
intentions : lui faire plaisir. C’est à Marseille dans le quartier maghrébin et
non à Oran, que j’ai acheté le CD. Mais nous savons tous qu’Oran ou
Marseille c’est kif-kif. Ce que l’on trouve là-bas on le trouve ici et viceversa.
Les deux villes sont jumelles. Elles marchent côte à côte en se tenant
par la mer sans se concurrencer. Le revendeur Oranais de la rue d’Aubagne
a été formel : « c’est le dernier de Bilal, on vient de le recevoir. » Je
reprends à mon compte ce qu’il dit. Personnellement, Bilal and Co, je
confondais un peu, avant que Katia ne m’en parle. Aujourd’hui je connais
mieux ce chanteur justicier pour jeunes coeurs blessés à la dérive
provisoire, mille fois expérimentée.
Mardi
Dès que j’ai branché le téléphone il s’est mis dans tous ses états :
« Message, message… » Une flopée de petits coeurs entremêlés sont alors
apparus. Dans la fébrilité et la précipitation à vouloir le lire j’ai supprimé
l’image que Katia m’avait envoyée. J’ai juste eu le temps d’apercevoir des
petits coeurs. A la pause de dix heures trente elle s’est approchée de moi
après que les stagiaires furent sortis. Elle était si proche que j’entendais le
souffle de sa respiration. Son haleine a mijoté dans de la chlorophylle
usinée. Je ne lui ai rien dit de son message. Elle a glissé délicatement ses
doigts ouverts dans mes cheveux. J’en ai été troublé. Je n’ai tout
simplement pas réagi. Je n’ai rien dit, je n’ai rien fait. Laisser passer et voir
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venir tel un enfant ému, saisi par un sentiment nouveau, une découverte.
Elle a dû observer mon trouble. Cette fille avance au feeling. Chapeau. Elle
n’a pas évoqué les coeurs entremêlés.
Jeudi
Encore une fois l’insomnie me gagne. Je suis debout à trois heures.
Alors je lis. Un Duras que j’ai acheté il y a quelques mois au marché
d’Orgon. En haut à droite de la première page est indiqué au crayon son
prix : un euro. Pauvres de nous. Moderato Cantabile à un euro. L’intensité
et la musicalité de ce chétif livre sont assez rares et énervantes. Duras est
unique. Page 54 je lis : « Le jeu se ralentit et se ponctua, l’enfant se laissa
prendre à son miel. De la musique sortit, coula de ses doigts sans qu’il
parût le vouloir, en décider, et sournoisement elle s’étala dans le monde
une fois de plus, submergea le coeur d’inconnu, l’exténua ». C’est pas
merveilleux ça, la musique qui coule des doigts de l’enfant ! Sans son
consentement des perles lui tombent du Ciel. Marguerite se pavane au
Paradis alors que moi je ne pourrais jamais écrire une telle symphonie. Je
referme le fragile et agaçant bijou et branche le téléphone. La même image
du mardi apparaît : de nombreux petits coeurs entrelacés que Katia m’a de
nouveau adressés. Comme je ne lui ai rien dit mardi et mercredi elle a
déduit que je ne l’avais pas reçu. Je lui réponds : « Moi aussi. » Elle
comprendra. J’ajoute, « Il est quatre heures dix et toi tu fais (je l’espère) de
beaux rêves. J’aimerais te parler plus longuement à Sud Fo, mais toi tu
glisses, tu glisses, tu glisses ! »
13 décembre
Sept heures trente. Il fait un froid de canard sauvage en rase campagne. Le
ciel sème des quantités infinies de flocons ouatés qui voltigent
maladroitement avant de se poser tendrement sur le sol glacé comme une
feuille jaune en automne qui se détache de son arbre pour aller se coucher sur
le bitume, le trottoir ou ailleurs. Le blanc tapit tout l’espace. Partout il
s’infiltre. Dans la moindre faille, dans le plus étroit des interstices. Il se pose
sur la moindre surface. La voiture ronfle dans le parking depuis quinze
minutes. Katia arrive enfin tremblant dans sa nonchalance comme une feuille
ténue d’un arbrisseau de Kiruna. Je lui prends la main et délicatement pose
mes lèvres en son creux. Elle grelotte et c’est peu dire. Hier elle m’a demandé
de l’accompagner à la poste tôt ce vendredi pour y retirer son courrier. C’est
parce qu’elle se plaignait fréquemment de recevoir des lettres ouvertes
notamment celles contenant les relevés de son compte postal, que je lui ai
proposé de domicilier son courrier auprès de la poste. Après les problèmes de
retraits, les problèmes de courrier. Katia ne savait pas que la poste peut
conserver son courrier lorsqu’on lui en fait la demande. Quand je lui avais
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demandé qui pouvait bien ouvrir son courrier, elle a eu cette réponse de
Normande ou de quelqu’un qui ne veut mouiller personne : « je sais pas,
peut-être ma famille peut-être quelqu’un… » Peu importe aujourd’hui, son
courrier est désormais domicilié auprès de la poste. Elle retire deux lettres et
nous reprenons la voiture pour aller au centre de formation. Madame Alaoui
est sublime, mais Katia n’apprécie pas l’arabo-andalou. Elle me prie
d’enlever cette mauvaise chanson, Khaïba dit-elle. Je lui ai pourtant expliqué
le contenu, ou du moins l’ai-je tenté. Katia a beau être marocaine, il faut dire
qu’une partie du texte de la chanson lui échappe, ou bien est-ce le rythme
andalou qui la fatigue ou qui l’assomme ou qui l’ennuie ; le rythme et les
instruments : le ûd, le rabrâb, le târ… Que lui répondre lorsqu’elle trouve
moche la belle de Fès et son Ochak. Elle dit Khaïba sur un ton martial et
définitif. Elle dit ne pas aimer cette voix pourtant sublime. Je l’écoute
religieusement, quasiment sans discontinuer depuis les premiers jours de
ramadan. Il y a quelque temps je lui ai enregistré une copie sur bande
magnétique. J’ai tenté par ce geste d’introduire ma gazelle dans le monde du
beau, sans fausse modestie ni prétention quelconque. Elle a pris la copie
presque avec regret, dans un silence fort significatif. Elle accepta la cassette
pour ne pas me contrarier. Elle ne m’en a plus reparlé. L’a-t-elle seulement
écoutée ? rien n’est moins sûr. Elle l’a peut-être effacée ou jetée dans un
tiroir ; oubliée. Je ne lui en parle pas non plus.
En fin de journée d’importantes quantités de flocons continuent de
tomber sur le sol glissant, comme une feuille de platane qui s’en détache
pour aller se coucher sur la chaussée ou ailleurs.
Samedi 14 décembre
Je descends à la FNAC de Marseille pour acheter un téléphone portable.
Un bel appareil, dernier cri. Je souscris un abonnement de deux ans
comprenant trois heures de communication par mois et d’innombrables
messages textes. J’adresse un message écrit à Katia – on dit texto – lui
demandant comment elle va. Pas de réponse. Ma question s’est évaporée
ou a flopé.
Dimanche 15
Il est trois heures. Insomnie. Encore une. Je branche le portable. Depuis
quelques semaines je suis véritablement retombé en jeunesse. J’ai un peu
perdu ma boule. C’est souvent rigolo, revigorant. Juché à proximité des
hauteurs de son jeune printemps, de son avenir, je m’invente à son image,
je l’imite, je fais le fou. C’est vraiment amusant mais parfois pénible et
casse-gueule. L’écart entre nos âges engendre fréquemment
l’incompréhension, puis le chagrin et la déception. J’attends un message
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qui ne vient pas. Je suis déçu in petto, comme un ado au minois papuleux,
auquel la petite camarade de classe a oublié de sourire ou d’offrir un
bonbon acidulé.
Lundi
Alors que je pensais rester chez moi afin de préparer mes travaux pour
mardi, je reçois ceci : « Salu tu va bien, vien a lecol j veu te voir bon
journee. » Katia a quelque chose à me dire. C’est peut-être important. Je
saute dans la voiture, heureux comme un chaton naïf attiré par les rondeurs
appétissantes d’un faux nonos tendu par sa maîtresse. Mon os est un
sourire araignée que je devine chez la belle : araignée du matin, chagrin ;
araignée du soir… Le sourire de la jolie, le voici, enrobe un caprice
d’enfant gâtée : un courrier administratif dont elle veut que je lui explique
le contenu. Tel est son désir. Elle me fait parcourir une quantité de
kilomètres pour lire un courrier administratif. Ma colère rentrée est à la
hauteur de ma déconvenue. « C’est pour ça que tu m’as demandé de
venir ? » Elle jure que non. « Je voulais te voir car tu vas t’absenter, ghadi
naqnat ». Je vais effectivement m’absenter. Je pars pour quelques jours.
Mais est-ce une bonne raison de se fiche de moi ? Je pars à Fréjus.
Périodiquement j’interviens pour un autre centre de formation, orienté sur
l’apprentissage des chefs d’équipes d’entreprises agricoles. Ici un collègue
me remplacera tandis que je serai officiellement en repos. L’intervention se
déroulera à Fréjus dans le Var, en deux temps : trois jours en décembre (les
17, 18 et 19) et trois jours en janvier (les 13, 14 et 15). Je lui explique le
contenu de son courrier, lui octroie quelques conseils, mais je ne m’attarde
pas plus. Je ne souhaite pas rater le train. « Je voulais te voir » répète
Katia. Je ne la crois pas un instant.
Mercredi soir
Centre résidentiel de La Palud à Fréjus. Je suis arrivé lundi vers dix neuf
heures. A cette époque-ci de l’année le centre est peu fréquenté. La plupart
des boutiques sommeillent. Le restaurant aussi. A l’accueil de l’hôtel on
m’a conseillé d’aller vite en ville, autrement je crierai famine. J’ai déposé
dare-dare mes affaires dans la chambre qu’on m’a réservée et suis allé au
centre-ville de Fréjus qui se trouve à moins de cinq kilomètres. Le taxi m’a
proposé un bon coin sympa, « ça s’appelle Le Provençal, vous verrez. »
J’ai vu, j’ai dégusté et je confirme. Le restaurant est sympa et ses frites
comme ses moules n’ont rien à envier aux spécialistes de Namur. J’y suis
retourné mardi. Les deux fois j’ai commandé un plat de moules frites
accompagnées d’un Côtes du Rhône que j’ai trouvé correct. Mardi je m’y
installais à peine lorsque Katia m’a adressé un texto auquel j’ai répondu
sur le champ. Je me suis laissé aller mais elle n’a pas su saisir la balle au
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bond. Elle me demanda gentiment de ne pas déborder. « Salu tu va bien es
ke sa va bien aujourdui avec les nouvo eleves je te soyet bon chance avec e
bon soiree et bon nuit. » Je suis alors rentré avec le même taxi qui m’avait
laissé ses coordonnées. Le chauffeur a essayé de me brancher sans succès
sur les charmes du coin. Je peux affirmer que s’il fallait mesurer l’étendue
de son altruisme au coût ruineux de la course, elle serait inversement
proportionnelle.
Dans la chambre la télé a débité son cinéma habituel. Un nouveau
message de Katia est arrivé au moment où des policiers en civil forçaient le
pas à des trafiquants menottés. Il m’a achevé. Il m’a tellement perturbé,
que ma nuit en a été gâchée. J’écris « nuit » mais ce fut trois ou peut-être
quatre heures noires. A trois heures quarante j’ai entamé une lettre que je
lui remettrai à Cavaillon. Ensuite et dans la foulée j’ai répondu à son
message assassin par cinq mots qui ne peuvent laisser indifférents que les
insensibles : « Tu as blessé mon coeur ». Je pense que la lettre pèsera plus
lourd. Ma courte nuit fut donc très agitée. J’entendais Katia crier « Moi
aussi je pense à toi mais alors divorçons, fuyons ! » Même dans mes rêves
elle débite des sornettes à dormir debout. Katia vit seule tout comme moi.
Son divorce est engagé et sa vie devant soi. Quant à moi, si officiellement
je suis marié, cela fait des années que je vis seul. Véro ainsi que nos
enfants vivent non loin de Paris. Avec Miou et Didi nos contacts sont
réguliers. Si tu savais H… combien tu me manques. Ce rêve ou ce
cauchemar m’a intrigué, ébranlé. Je ne sais comment l’interpréter. Ma
femme m’a quitté la deuxième ou troisième année après notre arrivée
précipitée d’Algérie. Elle m’a quitté mais c’est moi qui, poussé par
l’inactivité et pris par le tourbillon de l’inconnu, suis descendu ici dans la
région la plus ensoleillée de France (plus de 2800 heures de soleil/an)
emportant avec moi quelques vêtements, livres, objets hétéroclites et ma
mauvaise humeur à relooker. Véro est restée dans le froid. Le nouveau
drame algérien a brisé des dizaines de milliers de familles dont la notre. A
Oran ma compagne travaillait pour une importante entreprise francoalgérienne
et moi je venais de troquer des responsabilités méritées à
Sonatrach contre un espoir de liberté, en acceptant un poste de journaleux
non attitré (au black) dans une feuille de chou transformée en référence
depuis. Sonatrach (SH pour les intimes) est l’entreprise mamelle du bled.
Sans ses exportations de gaz, toute la population du nord aurait émigré,
faute de ressources, Dieu seul qui sait tout, sait où. La dite feuille était
nichée dans un vieil immeuble humide du centre ville aux fenêtres torves,
toujours fermées. Une bâtisse noire située entre la rue Si Larbi Ben M’hidi
s’il vous plaît et la place des Jaurès. I… Larbi notre patron vivait dans un
monde révolu. Il désignait les rues, places et quartiers par leurs anciens
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noms. Il disait « rue d’Arzew » et toujours il disait « place Hoche »,
« place Christophe Colomb »… Je parie qu’il ne s’est pas tout à fait remis
de Juillet. Les nostalgiques sont si nombreux au bled qu’ils pourraient se
constituer en cinquième colonne. Dans l’ours du journal la voyelle « a » de
son prénom est bizarrement répétée comme pour signifier qu’il
n’appartient pas à la famille des zarbi : Laarbi I… donc. Nous guerroyions
dans un trois pièces du vieil immeuble suintant de toute part, aux fenêtres
déformées, jamais ouvertes.
L’immeuble est situé précisément au fond à droite dans le passage
Germain, curieusement jamais rebaptisé. Un passage que l’on est obligé
d’emprunter lorsqu’on arrive par le bazar La Vedette ou par le cinéma Le
Murdjadjo que de nombreux Oranais désignent sous son ancien nom Le
Balzac. Que l’on dise Balzac plutôt que Murdjadjo ne m’offense pas.
Balzac ce n’est tout de même pas Lamoricière Bugeaud ou Christophe
Colomb. La comparaison n’est pas recevable. Les Oranais disent
« Balzac », ils disent aussi « Ben M’hidi ». J’étais journaliste nouveau et
lambda me précisait-on. On me répétait « lambda ». Je n’ai jamais aimé ce
mot. Un mot ancien, déterré telle une momie détériorée qui n’a plus rien à
dévoiler ni à voiler. Souvent je me suis demandé pourquoi il a réapparu
chez nous. Pourquoi il s’est reproduit comme des petits pains, non, pas
comme des petits pains, comme de l’herbe à chameau, oui comme du
chiendent, handicapant telle une teigne le mot qui lui il est accolé. Il en est
du mot lambda comme d’autres mots. C’est tout de même incroyable, il
suffit qu’un leader exhume un mot, une expression (le leader n’invente
pas ; il déterre comme procédaient les pillards de sarcophages) pour que ce
mot ou cette expression se répande au sein du microcosme aussi vite
qu’une traînée de poudre sèche ! « Lambda », « épiphanie », « ex
nihilo »… Et le mot court, court, non point du fait de sa pertinence, de sa
force, de sa profondeur, mais parce que la position sociale, politique,
médiatique ou que sais-je, de celui ou de celle qui a déraciné le terme, le
commande. Le mot est mobilisé au service de la puissance, du camp, du
clan du commandeur. On se le transmet de bouche à oreille en insistant sur
son importance « on m’a dit que flen addorre ce terme ma chérie. » Tout
quidam qui avait quelque prétention, journalistique en l’occurrence, se
devait d’user et d’abuser au sein de son milieu professionnel de ces termes
indicateurs mis à sa disposition : « la houlette », « ex nihilo »,
« épiphanie », « la problématique » et « lambda ». « Lambda » par-ci,
« lambda » par-là. A tout bout de champ. Des contorsions pédantes pour
l’accès à la distinction. Pour développer son capital culturel, toz. J’étouffe.
Qu’est-ce qu’il me prend ? je voulais seulement parler de Véro, de Katia,
du cauchemar. Ecrire qu’un beau jour ou un jour de malheur, madame
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Robichon consul de France à Oran convoqua ma compagne (et moi
collatéralement) lui enjoignant de rentrer en France. « Rentrez dans les
trente jours faute de quoi votre sécurité ne sera plus assurée ». Ecrire que la
semaine suivante je me retrouvais seul. Ecrire que n’ai pas tenu longtemps.
La journée d’aujourd’hui a été la plus difficile. Le matin, à l’heure de la
pause, j’ai préféré rester dans la salle de formation. Alors que les futurs
chefs d’équipe prenaient l’air, j’ai griffonné ces mots : « Je me sens très
soulagé par rapport à la question de Katia. J’ai beaucoup réfléchi. Ses
trente et une heures de silence ne m’irritent pas. Ne m’émeuvent pas non
plus. Je maintiens le contenu de ma lettre. Je la lui lirai vendredi. Elle
reviendra d’elle-même. »

Jeudi 19 décembre
Je suis arrivé à Orgon, par le TER, à dix-huit heures trente-deux, venant
de Fréjus via Toulon et Marseille. C’est à cette heure précise que Katia
m’adresse ce message : « Salu tu va bien sa c passe bien c 3 jours ? demain
tu e avec nous j sui contente demain j v te voir pass une bon soiri. » Son
texto arrive bien tard.

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